Depuis un an, les douze employés administratifs des Menuiseries Valcour, à Castelbrune, travaillent quatre jours par semaine, sans baisse de salaire. Leur directeur, Olivier Sanchez, fait le point.
— Pourquoi avoir tenté l'expérience ?
— D'abord pour recruter. Nous avions du mal à attirer des candidats face aux grandes entreprises de la région, qui paient mieux. Il fallait proposer autre chose que le salaire.
— Un an après, quel bilan en tirez-vous ?
— Les absences pour maladie ont diminué, et deux postes difficiles à pourvoir ont trouvé preneur. En revanche, les journées sont plus denses, et certains salariés reconnaissent qu'ils arrivent fatigués le jeudi soir. Je ne voudrais pas faire croire que tout est rose.
— Les ouvriers de l'atelier vont-ils en bénéficier ?
— C'est la question qu'on me pose le plus. Pour l'atelier, c'est plus compliqué : les machines doivent tourner, et les clients attendent des livraisons le vendredi. Nous étudions une organisation par roulement, avec deux équipes qui se relaient. Si les essais de cet automne sont concluants, il est assez probable que nous franchirons le pas l'an prochain. Mais je ne peux rien promettre aujourd'hui : je préfère annoncer une bonne nouvelle tard qu'une fausse bonne nouvelle tôt.
— Conseilleriez-vous cette formule à d'autres chefs d'entreprise ?
— Oui, à condition qu'ils la préparent avec leurs équipes et qu'ils acceptent de revenir en arrière si elle ne fonctionne pas. Ce n'est pas une recette magique.